Aimé, Père Aimé, peu importe mais voici le blog d'Aimé, de Père Aimé, mais pas Aimé Duval !

Aimé ou Père Aimé, voici le blog de Père Aimé (pas Aimé Duval, attention)est un blog bien (si,si) car on y parle de tout ! et quand je dis tout, ce n'est pas quelque chose que je dis en l'air mais bon, comme il faut faire un choix, j'ai choisi l'histoire e

11 novembre 2008

Dire qu'il y a 90 ans...

Je ne pouvais décemment pas faire l'impasse sur cette date très importante de l'histoire de France. Cérémonie un peu particulière aujourd'hui puisque il n'y aura pas de Poilu Français, ils sont tous morts...
Aujourd'hui donc, petite piqure de rappel : L'offensive du chemin des dames et les mutineries qui en découleront.

Nous sommes au début de 1917, l'armée et les politiques veulent une victoire décisive avant l'arrivée des Américains et des renforts Allemands venant du front Est. Nivelle, Commandant en chef français, promet aux poilus (qui en ont déjà pas mal bavé jusque là entre la Somme et Verdun), d'écraser l'ennemi sous un déluge d'artillerie et de surcroît, par surprise.

GHNivelle

En effet, il a mis le paquet et les moyens engagés sont colossaux, 1 pièce de campagne tous les 25 mètres soit 2000 pièces, 1 pièce lourde tous les 40 mètres soit 1650 pièces, 24 gros mortiers, 160 canons de marine montés sur rail, sans oublier bien entendu la chair à canons si peu cher à nos généraux de l'époque, 1.2 million de soldats rassemblés dans la boucle de l'Aine, entre Soissons et Reims.

Seulement voilà, le projet est connu des Allemands. Hidenburg possède les plans de bataille de plusieurs de nos corps d'armée (récupérés sur un prisonnier français). Il opère alors un repli stratégique (opération Albérich), laissant derrière lui un terrain miné.

Solidement installés sur la Crête du chemin des Dames qui domine la plaine (entre 100 et 200 mètres d'altitude), les Allemands sont prêts à recevoir l'assaut français. Des caves naturelles, aménagées depuis 1914, constituent de formidables abris truffés de mitrailleuses, 21 divisions sont en première ligne et 10 divisions de contre-attaque se tiennent à 9km.

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Le 9 Avril, les Britanniques attaquent au nord d'Arras pour soulager l'offensive française et c'est un succès très relatif. Les Canadiens s'illustreront à Vimy mais au prix de pertes extrêmement lourdes. Le 16 Avril, la grande attaque, maintes fois reportée, est lancée par Nivelle qui ne pense alors qu'à une seule chose, reéditer l'exploit de Douaumont à Verdun.

Mais les défenses Allemandes sont à peine entamées et les mitrailleurs fauchent les hommes comme le paysan fauche son blé. Ceux qui arrivent à échapper à leurs balles sautent alors sur les mines disséminées ici et là. Les régiments coloniaux et leurs tirailleurs Sénagalais sont sacrifiés. Seul un régiment de Marocains atteint la crête. Les troupes sont soutenues par des chars Schneider mais plus de 80 seront détruits. Au soir du 16 Avril, c'est donc un fiasco...

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L'échec est là, et le carnage est évident mais Nivelle n'en tiendra absolument pas compte et va continuer de s'obstiner. le 17 Avril, l'effort se poursuit donc à Craonne et les soldats marchent sur les cadavres enchevêtrés de leurs camarades. Enfin, le 20 Avril, l'offensive est arrêtée : 117 000 hommes sont hors de combat. Pourtant, la bataille se poursuivra jusqu'au 8 Mai...

Cet épisode sanglant va être le détonateur d'un mouvement de protestations et qui commencera dès le 17 Avril 1917, soit le deuxième jour de l'offensive pour s'amplifier jusqu'à fin Mai-début Juin. Les poilus, rescapés de Verdun pour la plupart, ont tellement reçu l'assurance que ce serait le dernier effort, la fin des souffrances...quelle déconvenue quand l'échec de l'attaque paraît évidente dès le premier jour. Les pertes sont énormes et les résultats, eux, sont insignifiants.

L'incompétence des officiers et leur mépris pour le sacrifice de leurs soldats sont mis en avant par les mutins. Contrairement aux accusations des généraux, la propagande pacifiste ou le complot révolutionnaire ne sont pas les mobiles premiers de ces mutineries. En revanche, on peut noter dans la "chanson de Craonne", une dénonciation de l'écart social entre ceux qui décident la guerre et ceux qui la font.

Paroles

Quand au bout d’huit jours, le repos terminé,
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civelots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête…
Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés,
C'est nous les sacrifiés !
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe,
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes… (au refrain)
C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là. (au refrain)
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau !

Le refus d'obéissance affecte près de 70 divisions et environ 250 incidents plus ou moins sérieux impliquent 30 000 à 40 000 hommes. Pétain décide de reprendre la main et le 16 Mai, il remplace Nivelle au commandement des armées du nord et du nord-est. Le 19 Mai, il annonce la fin des offensives.

Toutefois, la répression n'aura pas été aussi féroce qu'on a pu l'écrire (comme des régiments décimés) mais tout de même, 554 condamnations à mort seront prononcées dont 49 appliquées.

Leur effet reste désastreux pour la santé mentale des hommes participant aux pelotons d'exécution. L'horreur éprouvée en abattant des amis, des soldats souvent courageux devant l'ennemi, a conduit certains de ces hommes à la folie, d'autres au suicide. Les conseils de guerre, eux, prononceront environ 3000 peines d'emprisonnement.

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La relative clémence dont ils font preuve, l'amélioration de l'ordinaire, l'aménagement de véritables zones de repos et une meilleure plannification des permissions, permettent la reprise en main de l'ensemble des troupes.

Pétain paie de sa personne et se montre volontiers devant les caméras du cinématographe, en train de bavarder avec les poilus dans les tranchées. Cette familiarité, ce respect qu'ils témoignent aux soldats lui valent, et pour longtemps, une admiration sans limite de la part des Français.

Et le 11 Novembre 1918 vint ce moment tant attendu....

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Non, n'oublions pas...

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18 janvier 2008

Orgies radioactives....

Bon, pour faire passer la pilule "fin de blog prochaine", j'ai décidé aujourd'hui de vous parler d'une histoire de sexe. Hé oui, certains mauvaise langues me diront "encore" et là je dis oui, mais pas n'importe laquelle et pas avec n'importe qui !

Il y a peu de femmes scientifiques de renommée mondiale. La plus célèbre est indéniablement Marie Curie et c'est à cause d'elle qu'advint le scandale, tu vois, et la science, c'est comme la marine, il suffit qu'il y ait des meufs et c'est le bordel !

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Il faut dire que physicienne, libertaire, et d'origine Polonaise, Marie Curie-Sklodowska n'était pas aimée de l'extrême droite et des nationalistes. L'animositié monta quand elle reçut le prix nobel avec son mari Pierre en 1903. Cette morue n'avait rien fait que de piller la science française au dépens de sa couille-molle de mari ! Non seulement Marie reprend seule les recherches après la mort accidentelle de son époux trois ans plus tard, mais elle obtient des résultats tels que, radotage ahurissant de ces enfoirés de Suédois, on parle d'elle pour un prochain prix nobel ! Autant dire que "l'affaire Curie" survient comme un voluptueux laxatif pour les constipés de la cocarde.                                                               

Jeune veuve inconsolable, Marie a rencontré le non moins célèbre professeur Paul Langevin, marié, père de famille, mais malheureux en amour et chaud lapin par-devers lui. Arrive ce qui se doit entre deux esprits libres réunis dans la même recherche, ils tombent amoureux. Ils se retrouvent dans un appartement clandestin, et échangent une correspondance sentimentale, qu'un esprit indélicat parviendra à voler en 1911 et à mettre sous les yeux de l'épouse trompée.

Repository

Le hasard fait bien les choses, le beau-frère de Madame Langevin est rédacteur en chef d'un périodique populaire, le petit journal. A peine les lettres publiées dans ce dernier, toute la presse s'empare de l'affaire, sur le thème "une traînée étrangère brise un ménage français", notament l'oeuvre, précurseur de la trash presse, qui roule Langevin dans la boue (il sera baptisé le Chopin de la Polonaise) et s'acharne sur la métèque voleuse de maris.

Les gens viennent insulter la physicienne sous sa fenêtre. Langevin doit même se battre en duel contre un des rédacteurs de l'oeuvre. Tout le monde s'en mêle, l'Institut, le ministre de l'éducation nationale qui ira même jusqu'à demander le retour de Marie en Pologne et que malgré ses airs supérieurs, c'est rien qu'une salope qui tient mieux sur son dos qu'un électron sur sa couche et que l'on va renvoyer vite fait se laver le cul dans son pays. Non, vraiment, à la vue de certains journaux, on pourra dire que certains français n'auront pas été tendres avec cette grande savante.

Bon, le temps passe, l'affaire finit par se tasser, mais l'énormité n'est pas encore là. Avant la remise du prix, un membre de l'académie nobel lui écrit que, tout compte fait, on ne va pas tout de même nobéliser une pouffiasse -enfin, en termes plus choisis et élégants mais le résultat était le même.

La magnifique Marie répond par une lettre qui trône assez haut dans le hit-parade de la dignité :
"Le prix m'a été décerné pour la découverte du radium et du polonium. Je ne puis accepter de poser en principe que l'appréciation de la valeur d'un travail scientifique puisse être influencée par des calomnies concernant la vie privée."
Et toc !

D'ailleurs, un autre membre du jury nobel intervient aussitôt pour remettre les pendules à l'heure ainsi que de l'ordre dans les idées, et Marie reçoit enfin son prix.

On pourrait résumer ainsi : Dans les milieux scientifiques, la connerie n'est pas absente, mais elle est (peut-être ?) moins épaisse qu'ailleurs...

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14 décembre 2007

Zut !

Hier, au retour d'un après-midi lèche-vitrine avec mon épouse (où, entre nous soi-dit, à part la foule, on a pas trouvé grand chose), j'avais décidé d'écrire un post auquel j'avais réfléchi depuis bien longtemps.
Je m'étais choisi un personnage haut en couleur et à la réputation sanglante, j'ai nommé Raspoutine !

Mais avant, pour me détendre, j'avais décidé d'aller jeter un oeil sur tous les blogs que je consulte régulièrement et là, ô surprise, je m'aperçois que Crache-Venin, venait juste de sortir un post sur le fameux Raspoutine (vous pouvez lire ce très bon article en cliquant ici).

"Diantre" me dis-je ! Plusieurs solutions s'offraient alors à moi : Envoyer un commando afin de dynamiter le serveur alimentant le blog de l'outrecuidant, faire enlever ce même personnage afin de réclamer de ses proches qu'ils enlèvent le post incriminé ou alors, choisir un autre sujet de post !

Grand seigneur, j'ai choisi la troisième solution et nous allons toujours rester en Russie, mais plusieurs années avant l'apparition de Raspoutine. En effet, j'ai décidé de vous parler de Ivan IV, ou plutôt comme vous allez pouvoir vous en rendre compte, Yvan le chtarbé !

Il y a quelques jours, j'avais fait un post sur un Roi de France un peu couillon, le fameux Charles VI, spécialisé dans les soirées se terminant mal autour d'un bon barbecue.
Maintenant, nous quittons la France et nous sommes en Russie, un siècle et demi plus tard, mi-16eme et c'est là que l'on retrouve un autre malade notoire, le Tsar Yvan IV, dit "le terrible".

Terrible, il l'a prouvé précocement. Tsar à trois ans, il prend sa première décison politique à treize quand, trouvant que la tête du gouverneur de Moscou ne lui revenait pas, il ordonne qu'on l'exécute, ce à quoi on obtempère illico et sans discuter, un tsar est un tsar. Puis, après ce geste, comme si de rien n'était, il retourne jouer avec ses potes.
Lesquels potes avaient plutôt intérêt à se tenir à carreau : à quinze ans, le tsarounet se dispute avec un copain fils de prince, et comme l'autre lui tient tête, il le fait exécuter sans aucune hésitation.
On devinait alors que son règne ne serait pas facile, on ne se trompait pas. Un délire de sang et de terreur qui allait durer 37 ans s'abattit sur la Russie.

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Il s'en prit d'abord à la noblesse, seule classe alors à même de s'opposer à lui, et la massacra méthodiquement au cours de plusieurs épisodes délirants, agrémentés de raffinements subtils allant de la décapitation à la hache, de verser sur le condamné (et en alternant) de l'eau bouillante puis glacée, la peau s'arrachant comme celle d'une anguille ou alors, beaucoup plus vicieux. Par exemple, pour accuser un noble de complot, il le fait vétir en Tsar, l'accompagne sur le trône, se prosterne devant lui et oblige toute la cour à faire de même, puis le tue lui-même à grands coups de poignard, forçant tous les courtisans présents à porter chacun un coup de lame dans la bouillie sanglante.

Un jour, pour des raisons qu'il fut le seul à connaître, Yvan plaça un noble Mongol surnommé Siméon Bekboulatovitch sur son propre trône. C'est à vous, faîtes comme si j'étais pas là. Yvan le couronne et lui fait acte d'allégeance. Chose étrange, il ne le massacre pas dans la minute qui suit mais joue vraiment le jeu pendant un an, laissant son remplaçant réellement gouverner, poussant le prodige jusqu'à lui obéir.

Mais prodige encore plus grand, l'année finie, il le laisse repartir chez lui avec tous les honneurs. Comme pour toutes les décisions "cocasses" d'Yvan, personne n'a jamais trouvé la moindre explication. Ce qui est sûr, c'est que le tsar intérimaire devait serrer les fesses tous les jours et a dû s'éponger le front en poussant un léger soupir une fois rentré chez lui.

Ensuite, n'ayant pratiquement plus de nobles à massacrer, c'est les paysans qui vont en baver, victimes de la misère et de la ruine qui s'étendent sur le pays du servage plus féroce que jamais. Personne n'échappait à ses rages, même pas sa famille : il tua le tsarévitch son propre fils d'un coup de baton derrière la nuque en 1581.

La liste de ses crimes étant trop longue à énumérer, pour les plus curieux, cliquez ici !

A sa mort en 1584, il laisse deux fils, à qui il lègue une russie en crise économiquement, politiquement et socialement, crise qui ne se terminera que par l'accession au trône du premier des Roumanov en 1613.

Ne portant à son crédit que la seule expansion territoriale, Yvan le terrible laissera un souvenir d'épouvante à la postérité. Raccourci logique, il eut pour grand admirateur Staline, qui réhabilita son oeuvre dans les manuels d'histoire.

Posté par aimelacapelle à 09:13 - Quelques Personnages Historiques.... - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 décembre 2007

"Ils ont tué Jaurès !"

Il faisait chaud à Paris ce 31 juillet 1914.
Rue Montmartre, les Parisiens déambulaient avec cannes et chapeaux de paille. Dans les cafés, les hommes buvaient de la bière et de l'absinthe mais le coeur n'y était pas.
Les nouvelles n'étaient pas bonnes et la presse française avait des titres alarmistes :
"Allons nous vers la guerre ? Encore ces Allemands ! On parle de mobilisation chez les Russes. L'Autriche s'apprête à mobiliser."
Et quelques jours plus tard, après l'assassinat de Sarajevo que tout le monde connait :
"L'Autriche déclare la guerre à la Serbie", "L'Allemagne soutient l'Autriche"
Une véritable trainée de poudre des Balkans jusqu'à Paris...

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Au Café du Croissant, les serveurs n'ont le temps ni de réfléchir à la menace, ni de d'écouter les commentaires des clients (comme je les comprends), ils se faufilent entre les tables  avec les plateaux en équilibre.
Pour eux, les affaires marchent bien, le Café du Croissant est toujours plein, comme chaque soir vers 21 h.

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"Bonsoir Monsieur Jaurès !"
Le petit homme, moustachu et barbu, répond à peine au salut et se dirige droit vers le fond du café où trois tables sont mises bout à bout.
Il s'assied lourdement sur la banquette, le dos au rideau que l'on a tiré devant la fenêtre entreouverte afin de séparer les consommmateurs des gens de la rue.
Avec Jaurès, il y a Messieurs Renaudel et Longuet, députés, Weill, député protestataire au Reichstag, Landrieux, Dubreuil, Dumois et un couple, les Poisson.
Tous sont des amis ou proches collaborateurs et travaillent plus ou moins pour l'Humanité, un journal créé par Jaurès.

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Soudain, Bertre, secrétaire de direction de l'Humanité qui vient de les rejoindre, remarque une personne debout derrière le rideau que l'on a tiré. l'homme est immobile et regarde vers leurs tables. La situation internationale est alarmiste et les discussions sont vives. "Cette fois, la guerre est inévitable ! Sauf...si Wilson intervenait...les Américains pourraient encore empêcher cela..."

Jaurès ayant toujours défendu un rapprochement Franco-Allemand, tout le monde se tait autour de lui, car la guerre qu'il craignait le plus est en train d'arriver à grands pas. Près de leurs tables, des amis et journalistes au Bonnet Rouge, commentent eux aussi les évènements. Un peu à part, René Doile, un ami, lui tend une photo : "Tiens, tu as vu ma petite fille ?"

Jaurès tendit le bras et se pencha en avant. C'est à ce moment précis que le rideau derrière lui s'écarta et qu'un bras armé d'un révolver en jaillit.
Il y eut une lueur jaune et un bruit terrifiant qui résonna dans le restaurant. Un homme s'était agenouillé sur le rebord de la fenêtre demeurée ouverte et avait fait feu à bout portant par trois fois.
Dans l'instant qui suivit, une panique s'empara des témoins, qui se jetèrent au sol dans un fracas de verres brisés et de tables renversées.
Des bruits couvrirent bientôt le bruit de la bousculade : "Ils ont tué Jaurès !"

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"Ils" ! Qui donc avait pu tirer sur le député ? La police se saisit rapidement du meurtrier assommé par Renaudel pendant que le corps était allongé sur une table.
Renaudel tentait vainement d'arrêter le sang qui s'écoulait au bas du crâne. Quand le médecin arriva, il ouvrit la chemise du malheureux et ausculta sa poitrine pendant une longue minute. Tous dans la salle retinrent leur souffle  lorsque il se releva : "Monsieur Jaurès est mort !"

L'homme que la police venait d'arrêter s'appelait Raoul Villain. L'enquête découvrit bien vite qu'il était né à Reims en 1885 et que son père était greffier.
Il étudiait l'Egyptologie au Louvre et, après son service militaire terminé en 1910, il s'était installé comme régisseur agricole. Influencé par des amis de l'Association Alsace-Lorraine, il racontait à qui voulait l'entendre :
"Il faut une guerre pour reprendre au kaiser les territoires qu'il nous a volés. A mort Herr Jaurès ! ce lâche, ce traître à son pays...A nous la revanche..."

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Deux jours plus tard, l'Allemagne déclarait la guerre. Elle allait faire s'affronter plus de 65 millions d'hommes, dont plus de 8 millions de Français. Elle fit plus de 8 millions de victimes mais le fait d'avoir assassiné Jaurès sauva sûrement la vie à Villain. En effet, ce dernier, passa tout le temps du conflit incarcéré, loin des tranchées et des balles allemandes.

Lorsqu'il comparut en 1919 devant les juges et les jurés, la France n'était plus celle de 1914. Clémenceau était à la tête du gouvernement et le pays votait maintenant à droite.
A la demande du tribunal, l'accusa expliqua ainsi son geste :
"Jaurès était, à mes yeux, un danger pour la patrie. j'ai vu seulement en lui l'homme qui avait prononcé des paroles graves pour les Français : la grève de la mobilisation !"

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L'avocat de la défense prit la parole en dernier :
"Ce que l'on demande avec la condamnation de Villain, c'est la glorification d'une politique, celle de Jaurès et de ses amis, un verdict de parti ! Il faut un verdict d'oubli, effaçant nos erreurs d'avant-guerre...une amnistie".
Lorsque le président prononça l'acquittement, la foule se leva et applaudit.

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Le 30 mars 1919, dans les colonnes du Figaro, un grand nombre de questions restaient pourtant sans réponses :
"Quels furent les mobiles des jurés ? Ont-ils voulu condamner la politique d'un parti ? Ont-ils trouvé que, dans ce Paris bouillonnant de 1914, Villain n'avait pas son libre arbitre ? Ont-ils été émus par la vie pitoyablement triste de Villain ? Ont-ils voulu prononcer un verdict d'apaisement afin d'énoncer à tous un exemple de concorde et d'oubli ?"

A toutes ces questions, une seule trouva une réponse. Un procès occasionne des frais. Une fois l'accusé acquitté, qui fut condamné à régler tous les frais de justice ?

Je vous le donne en mille : Madame veuve Jaurès.....

Je suis certain que maintenant, vous brûlez tous de me demander ce qu'est devenu ce fameux assassin, n'est-ce pas ?

Après le verdict, Raoul Villain s'exila à Ibiza où les locaux le surnommeront bien vite "le fou du port".
Lors de la guerre d'Espagne, il sera finalement exécuté par les Républicains pour "espionnage à la solde des franquistes" et ce, le 14 septembre 1936.

Comme quoi, tout crime ne reste jamais impuni, d'une façon ou d'une autre...

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06 décembre 2007

idée cadeau pour les fêtes et Charles le couillon !

Dans mes blogs favoris, il y en a un que j'apprécie particulièrement, qui est très bien écrit, c'est celui de The Blonde's World que vous trouverez dans mes favoris, à droite. Sur son dernier post, elle a trouvé le cadeau idéal pour s'éclater entre amis.

J'ai bien envie d'en prendre un afin de l'offrir aux employés de l'hôtel qui se battent à chaque fois pour ne pas faire les verres. Là, cela serait simple, celui qui prend une décharge, fait la vaisselle en prime ! Bon, je me demande si l'inspection du travail apprécierait le procédé, mais à méditer quand même....

Bon, maintenant, passons à autre chose de plus sérieux et recherchez dans vos souvenirs d'histoire le fameux Charles VI, vous vous en souvenez, n'est-ce pas ?

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Charles VI est né en 1368 et mourra en 1422. Il accéda au trône à l'âge de 12 ans et sera surnommé par ses sujets "Charles le bien aimé" puis carrément "Charles le fol" à la fin de son régne.

Oh, à ce bon roi, on n'avait pas grand chose à lui reprocher. Juste un peu erratique, mollasson dans ses décisions, avec des crises d'autorité (jamais au bon moment paraît-il selon certains historiens) mais bon, fallait le comprendre Charles VI car cela n'était pas facile de gérer un royaume à cette époque. Être roi de France en cette fin du 15e siècle avec cette pétasse d'Isabeau de Bavière pour femme en pleine guerre de 100 ans, les Bourguignons à côté et les Anglois autour, non, ce n'était pas de la tarte. Bref, rien de grave jusqu'à ce tragique mois d'août 1392...

Le 5 août 1392, parti avec sa suite vers la bretagne afin de venger une tentative d'assassinat de son connétable, le roi chevauche tout seul devant la colonne, il fait chaud, le soleil tape bien fort et notre bon roi est habillé comme en hiver, quand soudain, il se retourne et attaque sa propre suite (dont son frère faisait partie) en hurlant à la trahison.

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Avant que les seigneurs arrivent à le maîtriser, il aura tué quatre personnes. Après quelques heures, sa lucidité revient, il demande pardon, semble guéri, reprend les affaires. Des crises comme celle-là, il en connaîtra pas loin de 44 durant tout son règne, mais celle qui va l'achever, c'est une incroyable péripétie.

Six mois plus tard, il se sent tout à fait guéri et organise un "charivari", une fête à tout casser avec bitures, orgies et pelotages en tous genres, qu'il était courant d'organiser lorsque une veuve se remariait. Un de ses potes gentilshomes a une idée terrible : le roi et et cinq chevaliers vont se déguiser en satyres afin de mieux poursuivre la veuve et ses copines de leurs assiduités lubriques.

Et pour ça, le boute-en-train fabrique des costumes de toile enduite de poix et d'étoupe, dans lesquels il coud ses accolytes (en vérité, des petites chaines). La fiesta commence, on se marre, on se court après, on bascule les duchesses sur les tapis pour mieux les trousser ensuite, en gros, une bonne fête bien franchouillarde !

Mais voilà qu'au milieu de la nuit, débarque le frère du roi, le duc d'Orléans, un gros comique lui aussi qui se ramène avec un copain à lui, le duc de Berry. Inutile de vous dire qu'ils étaient déjà bien imbibés tous les deux car ils revenaient eux aussi d'une autre fête :"Diantre, on s'amuse ici ? sans nous ? attendez-voir..." et pour effrayer les dames, le duc à la bonne idée de prendre une torche allumée afin d'enflammer l'étoupe des costumes. Immédiatement, la poix s'embrase et cousus qu'ils sont, les fêtards ne peuvent s'en dégager.

Réflexe ou coup de bol, dès les premières flammes, la comtesse du barry (oups, je m'égare) duchesse de Berry saute sur le roi et étouffe le feu avec sa robe. Seul survivant, il verra ses cinq compagnons brûler pendant une demie-heure sans que personne ne puisse arrêter la combustion, et mourir l'un après l'autre après trois jours d'atroces souffrances...

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Cet épisode, connu dans l'histoire comme "le bal des ardents" sera fatal à un cerveau déjà très fragile. Charles VI tombe dans une démence permanente, succession de crises et d'apathies, au cours desquelles il prétend s'appeler Georges et n'avoir rien de commun avec le roi de France, entrecoupées de rares rémissions.

Le roi d'Angleterre en profitera pour lui piquer son royaume, que son Charles VII (son fils) devra reconquérir par la suite avec une certaine pucelle d'Orléans, mais ça, c'est une autre histoire....

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04 décembre 2007

Picasso....

Que Picasso ait eu la délicatesse et le caractère d'un panzer ne fait aucun doute pour personne, y compris pour ses plus fervents admirateurs. Tellement sûr de sa carrière et de son talent, qu'il prenait et jetait ses amis comme des tubes de gouache, à la poubelle une fois vidés !

Quelques anecdotes éclairent le personnage d'un drôle de jour : Fauché, il n'avait plus les moyens de s'acheter des toiles vierges, il prit alors des toiles de son ami Modigliani et peignit par dessus. Une autre raconte que pendant sa jeunesse, il ne se baladait qu'armé et profitait de la moindre occasion pour jouer de l'automatique (quand il était saoul, qu'il avait envie de rire ou tout simplement, pour réveiller ses potes.)

Picasso

Une péripétie peu connue et qui relève carrément du fait divers, ajoute une couleur supplémentaire sur le personnage. En 1911, une aventurier belge du nom de Géry Pieret et ami de Guillaume Apollinaire, vole trois têtes sculptées au Louvre. Par l'intermédiaire du poète dont il est un intime, Picasso en achète deux. Mais voilà que le vol de La Joconde rend soudain nerveux tous les flics de France et que l'aventurier Belge saute sur l'occasion pour se faire du fric: il vend la troisième tête et son histoire à un journal.

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Malheureusement, il est arrêté et balance Apollinaire. Picasso, après s'être débarrassé des têtes en catastrophe, est arrêté à son tour et, vert de trouille, il est conduit dans le bureau du juge. Là, il est confronté à Apollinaire, lequel est inculpé de complicité, de vol et de recel.

Alors que seul le témoignage du peintre peut sortir le poète de ce mauvais pas, Picasso jure qu'il ne le connait pas, qu'il ne l'a jamais vu et qu'il n'a rien à voir avec cette histoire.Certes, on ne peut en vouloir longtemps à l'un des plus grands génies de la peinture, mais Apollinaire finalement relaxé lui garda rancune jusqu'à sa mort.

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Lucide, Picasso lui-même admit plus tard avoir eu honte de son comportement....

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03 décembre 2007

Evariste Galois....

Ahurissant spécimen de grosse tête, Evariste Galois est un peu le Rimbaud des mathématiques. Un de ces insuupportables surdoués qui, avant d'avoir 20 ans, s'amusent à bricoler des petits zinzins, en passant, comme ça, juste pour le fun, comme d'autres piqueraient des mobylettes, et puis disparaissent dans la nature une fois leur truc plus ou moins fini. Mais leurs petits zinzins à eux font plancher des générations de spécialistes des décennies durant. Rimbaud s'est évanoui de son plein gré, Evariste Galois lui, pas tout à fait, mais presque....

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Il avait 17 ans, quand étudiant un peu torturé, il s'amuse à jeter sur un papier un mémoire, une petite idée qui lui est venue comme ça : il venait de créer une branche capitale des mathématiques, la théorie des groupes. Mais personne ne s'en aperçut.

D'un côté, il y avait le corps enseignant de 1820, vieux profs bornés, dirigés par une monarchie hautaine exécrant la jeunesse, et de l'autre, ce jeune voyou qui prétendait en savoir plus que ses professeurs, et qui, à la moindre critique, traîtait son contradicteur de gros porc réactionnaire et filait faire le coup de feu sur les barricades.

Sur le conseil de deux professeurs qui avaient flairé en lui un petit génie, le jeune foldingue se présentera à l'Ecole Polytechnique où il sera recalé deux fois. La première car on avait perdu son mémoire, la seconde où on lui déclara que ce qu'il écrivait était incompréhensible. Finalement, il sera admis à l'école normale mais se fera virer pour activisme révolutionnaire. Il envoyait des lettres d'insultes à ses professeurs, interrompait les sessions d'académie et fut jeté en prison deux fois. Et comme à vingt ans, il avait déja une existence bien remplie, il mourut. Tout pour la légende, il mourut dans un duel, un vrai duel passionnel pour des histoires de cul croustillantes.

La veille du duel, affolé, il réalisa qu'avec toutes ces histoires de filles et de politique, il n'avait pas eu le temps de travailler, comme tous les voyous. Il s'aperçut qu'il avait encore la moitié du monde des mathématiques à révolutionner et qu'il n'en n'avait pas écrit un mot, que tout était dans sa tête.

Alors, il écrivit toute la nuit une sorte de testament, vite, vite, renvoyant à toutes ses démonstrations précédemment faîtes, les reliant en quelques mots, dessinant en une nuit les bases des mathématiques modernes, le tout entrecoupé d'un "je n'ai pas le temps".

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A l'aube, il conclut sur une phrase : "J'espère que des gens trouveront leur profit à déchiffrer tout ce gâchis" et le matin, comme il le craignait, Evariste galois se fit descendre, c'était le 30 mai 1832, il avait 20 ans....

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20 novembre 2007

L'incroyable histoire des castrats....

Tout d'abord, rassurez-vous, ce jeune garçon n'est pas un castrat, c'est tout bonnement un petit prodige que j'ai trouvé sur internet et la façon dont il chante le refrain hyper-connu est tout bonnement admirable. Mais j'ai préféré mettre ce jeune garçon plutôt qu'un extrait de Farinelli qui comporte plus de morceaux mixés que de voix réelles, dont acte !

Au XVIe siècle, quelque part en Italie, un crétin avait décidé que les femmes n'avaient plus le droit de chanter dans les églises. Mais comme une chorale sans voix féminine, c'est aussi performant pour élever l'âme dans les confins célestes qu'une troisième mi-temps de rugbymen, les curetons mélomanes étaient bien emmerdés embêtés.

Un autre crétin s'avisa alors qu'une voix d'enfant pouvait parfaitement remplacer les harmonies féminines, au détail près qu'avec leurs petits poumons, les gniards ne chantent pas assez fort pour rivaliser avec de gros moines bourrés de bénédictine.

Et voilà qu'un troisième crétin, toujours en Italie, découvre que, si on lui coupe les couilles (ne voyez dans ce mot qu'une façon de booster mon audience via les mots clés), le gniard en question continue à grandir et devient adulte mais tout en gardant sa voix d'enfant. En effet, vous n'êtes pas sans savoir que l'ablation des glandes sexuelles ne permet pas la transformation naturelle du larynx masculin à la puberté, que l'on appelle la mue. Le gniard garde donc sa jolie voix tout en acquérant de gros poumons, le problème est résolu, alléluia !

Et donc, voilà des hordes de gens (ancètres de nos imprésarios d'aujourd'hui) qui courent la campagne afin de repérer les chérubins à belle voix pour leur couper les burnes (là encore, je devrais booster mon audience). Nous aurions pû alors assister à des dialogues comme "Oh Tonio, mon chéri, peux tu me rechanter au clair de la lune, tu le chantes si bien" et là, juste derrière, en douce, nous aurions entendu notre cher imprésario dire à son acolyte "Fabrizio, j'en ai trouvé un beau, passe moi les ciseaux" et tchac....il transformait d'un geste sec un jeune poussin en chapon !

Au début, cela se limitait à la campagne napolitaine, puis la pratique s'étendit à toute l'Italie pour finalement déborder dans d'autres pays. Tout de même, un jour, certains hommes d'église jugeant cette pratique peu chrétienne, firent interdirent la castration à des fins musicales. Mais c'était sans connaître la perversité humaine et l'on vit arriver des moutards castrés à cause d'accidents ménagers et c'est vrai qu'à l'époque, les cuisines étaient dangereuses : "Pardon mon père, mais mon garçon s'est coupé les roubignolles en râpant les carottes pour le déjeuner"...

Cette monstruosité couverte du voile artistique dura quand même jusqu'au XIXe siècle, où les lois se firent plus sévères. Le monde occidental qui montre une indignation vertueuse sur les mutilations volontaires des autres cultures (excisions et compagnie) se trouve là tout d'un coup plein de discrétion et de tempérance.

Il y eut des castrats stars (Farinelli étant le plus célèbre) et l'on composa même spécialement pour eux des opéras. Or, il s'agit bien de mutilation d'enfants et je ne comprends même pas que l'on ait pu un jour se pâmer devant cette horreur.

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Saviez-vous qu'en 1902, les représentants de la gramophone Compagnie décidèrent d'enregistrer la voix du dernier castrat vivant, Alessandro Moreschi.

Comme je suis bon prince, je vous ai trouvé un lien où vous pourrez vous rendre compte par vous même. Ce document émouvant malgré une interprétation qui peut prêter à sourire, demeure pour nous l'unique témoignage vivant d'une histoire qui dura pourtant plus de trois siècles.

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Même si le son n'est pas terrible, cliquez ICI pour écouter Alessandro...

Remarquez, si j'étais vache, je pourrais dire qu'une émotion si pure, cela vaut bien une paire de roupettes, surtout si ce ne sont pas les miennes...

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18 novembre 2007

Décembre, mauvaise saison pour se marier...

Bonjour à tous,

J'espère que vous aurez passé un bon samedi et que vous en aurez bien profité. Comme aujourd'hui c'est dimanche et que certains musées sont gratuits, je vais vous parler d'histoire et de peinture.

Toutes les grandes fresques de l'histoire ou les grandes scènes édifiantes des grands de ce monde ont parfois été gâchées dans la réalité par un petit détail déplacé que les historiens, peintres de l'époque ou rédacteurs de manuels ont soigneusement gommé, mais que d'autres personnes se font un plaisir d'exhumer....

Il est vrai que la trivialité n'a jamais fait bon ménage avec le prestige. Prenons Napoléon Bonaparte, qui, pour soigner une maladie vénérienne aux alentours de 1814, se faisait des piqûres dans le sexe (et je suis poli) devant tout le monde, et bien il fut pourtant le premier à soigner son image avec une science prémonitoire.

Il fit de son sacre une superproduction politico-mégalomane, autant destinée à la propagande qu'à la postérité et donc soigneusement immortalisée par le peintre David dans son célébrissime tableau à peine moins grand qu'un terrain de golf.

Avec le peintre Jean-Baptiste Isabey, David conçoit des costumes chamarrés pour les parvenus et les rudes soldats devenus maréchaux d'Empire ou dignitaires qui doivent assister au sacre. L'empereur lui-même devra traîner un manteau de 22 mètres.

Dès le matin, à partir de 6 heures, les plus hauts gradés de l'armée et de la garde nationale, suivis des dignitaires, magistrats, sénateurs,... commencent à se rendre à pied de la place Dauphine à Notre-Dame pour prendre leur place dans la nef.

Le pape, à son tour, se rend à la cathédrale, acclamé par la foule.

Puis vient le tour de Napoléon et Joséphine qui quittent en carrosse leur palais des Tuileries. Leur convoi compte pas moins de 25 voitures. Il est accompagné de six régiments de cavalerie.

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La cérémonie est quelque peu brouillonne et totalement dénuée de spiritualité et de recueillement. Elle s'éternise pendant trois longues heures. Pie VII donne l'onction à Napoléon et Joséphine, humectant d'huile sainte leur front et leurs deux mains. Après la messe, il bénit les emblèmes impériaux : anneau, épée et manteau. Comme convenu avec le malheureux pape, Napoléon 1er se couronne lui-même, debout, face à l'assistance, selon un rite carolingien, puis il couronne l'impératrice.

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Eh bien ce sacre de notre empereur chéri, qui a marqué tant de générations de collégiens, à été déprécié par un détail pourtant évident que que très peu d'historiens évoquent. Même les témoins qui l'ont vécu ont été peu nombreux à en faire part pour ne pas ternir la luminosité de l'évènement.

Ce détail très con, c'est qu'en ce 2 décembre 1804 à Notre-Dame, il caillait ! Dans l'immense nef inchauffable et inchauffée, sous les beaux costumes dessinés pour l'occasion, sous les robes diaphanes aux larges décolletés, sous les plumes et les ors, les notables enluminés et les maréchaux empanachés se gelaient les meules, les dames en dentelles grelottaient, les pages en toges romaines claquaient des dents et David notre cher peintre n'a absolument pas peint le nuage de condensation qui devait inévitablement sortir de toutes les bouches.

Seuls les habitués des lieux comme le pape et ses cardinaux n'étaient pas cons, ils étaient chaudement couverts mais eux, n'avaient pas à obéir aux consignes vestimentaires qu'avait donné notre cher petit Corse....Pour les petits curieux, la toile est aujourd'hui visible au Louvre (à Versailles, ce n'est qu'une copie).

Bon dimanche et bonne reprise demain !

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06 novembre 2007

Héloïse et Abélard.....

Bon, voilà, aujourd'hui, je me suis pris en main et comme je dis souvent "pour changer d'humeur, va chez le coiffeur" c'est donc chose faîte et croyez-moi, c'est réussi, je me trouve même presque beau, si,si et surtout modeste !!!

Sinon, assez parlé de champignons ! passons à des choses plus romantiques....

Qui ne connaît la troublante histoire d'Héloïse et Abélard ? Maintes fois contée, elle a élevé ses acteur au rang de personnages mythiques. Pourtant, ces Roméo et Juliette Parisiens ont bien existé et se sont connu dans l'île de la cité.

Grâce au guide Paris Insolite, je me suis rendu au numéro 9 du Quai aux Fleurs, qui marque l'emplacement approximatif de la résidence des amoureux.

Je vous joins une photo de la plaque afin que vous puissiez lire l'inscription qui y est inscrite. Vous noterez au passage les deux médaillons du 19ème siècle figurant les traits des amants éternels.

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Nantais d'origine, Abélard gagne Paris en 1100 pour y suivre l'enseignement de Guillaume de Champeaux. Devenu lui-même professeur de renom, il accède bien volontiers à la requête d'un chanoine de Notre-dame, Fulbert, lui demandant de donner quelques leçons à sa nièce, Héloïse.

La jeune fille est âgée de 18 ans quand Abélard en compte 39 mais cela n'empêchera pas l'élève et son professeur de tomber éperdument amoureux l'un de l'autre.

Redoutant la fureur du chanoine, les amants s'enfuient en bretagne et donnent naissance à un fils puis reviennent sur Paris. Fulbert préparait sa vengeance : des hommes de main s'emparent d'Abélard et le châtrent. Désormais, Abélard se consacrera exclusivement à des activités spirituelles et Héloïse prendra le voile à Argenteuil.

Lorsque Abélard s'éteint en Avril 1142, à Châlon sur Saône, au couvent de Saint Marcel, héloïse fait transporter secrêtement sa dépouille au Paraclet (là ou Abélard était devenu moine et avait fondé l'oratoire).

Elle disparaîtra elle aussi 22 ans plus tard et le rejoindra dans son cercueil. Le scandale traversera les siècles puisque en 1630, une abesse s'avisera de trier soigneusement puis de séparer les ossements des amants.

Aujourd'hui, ils sont de nouveau réunis au cimetière du Père Lachaise et entre leurs gisants respectifs, des roses sont quotidiennement déposées, en hommage à l'histoire intemporelle de deux amants séparés puis réunis pour l'éternité....

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Pour ceux qui vont à Paris régulièrement, n'hésitez pas à assister aux conférences de Bertrand Beyern, elles sont passionnantes et ont plusieurs thèmes (les tombes romantiques, les assassins et assassinés du Père Lachaise, humour noir au Père Lachaise, etc...). Le rendez-vous est généralement donné à la sortie du métro Père lachaise et cela coûte 10 euro, mais franchement, cela vaut le détour ! cet homme est un puit de culture et vous fera passer un agréable moment.

PS : Bertrand, chose promise, chose due, je prends 20% des recettes !

Posté par aimelacapelle à 18:00 - Quelques Personnages Historiques.... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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