24 avril 2008
Le secours manqué de Vincendon et Henry...
Pour mon retour, j'ai décidé de vous parler de quelque chose que je commence à connaître : les expéditions qui tournent mal !
Et croyez-moi, j'ai de la matière à posts car après vous avoir parlé des expéditions de Nobile, Andrée ou Willem Barrents, j'ai décidé de vous parler d'une expédition qui a traumatisé la France entière pendant les fêtes de fin d'année 1956.
D'ailleurs, demandez à vos parents ou grands parents s'ils se souviennent de l'expédition Vincendon et Henry....
Nous sommes en décembre 1956 et deux jeunes écervelés, François Henry et Jean Vincendon, 23 et 24 ans, qu'on appellerait maintenant sportifs de l'extrême (dont l'un est tout de même aspirant-guide), décident de tenter, en plein hiver, l'ascension d'une voie difficile vers le Mont Blanc, à une époque où les hivernales n'étaient pas à la mode. Mais le mauvais temps tombe sur les sommets et ils se perdent. Combien aura duré leur martyre ? Dix jours, peut-être...
Jusqu'à leur dernier souffle, ce qu'ont enduré Jean Vincendon et François Henry à 4000 mètres d'altitude, par -30°, dépasse l'imaginable. A la différence de Guillaumet, naufragé des Andes, les deux jeunes alpinistes ne ressortiront pas vivants des griffes de l'altitude. Pourtant, les secours étaient là, tout près. Des hommes les ont mêmes touchés, réconfortés et leur ont promis de revenir. Le pouvaient-ils ? La dernière clé de l'énigme de ce secours raté demeure introuvable.
Quand les moniteurs guides de l'école militaire de haute montagne arrivent auprès de la cordée le 31 décembre 1956, cela fait déjà cinq jours que Vincendon et henry sont échoués. Ils ont erré dans la tourmente entre la crête nord-est du Mont Blanc et les précipices du grand plateau. Ils vacillent aux portes d'un enfer glacial. Et la venue des archanges sauveteurs par la voie des airs se fait avec fracas.
L'hélicoptère est mal maîtrisé en altitude et le spécimen choisi, un Sikorsky S58 (pour les connaisseurs) est un oiseau trop lourd. Il s'écrase alors près des deux alpinistes, pilotes et secouristes sont sonnés. Coup de chance, l'appareil n'explose pas mais pour le coup ce ne sont plus deux naufragés bloqués à 4000 mètres par -30° qu'il faut secourir, mais six ! L'affaire, déjà délicate, se complique encore un peu plus.
Il faut dire que pas grand monde voulait se lancer dans ce sauvetage qui n'inspirait rien de bon. les guides de Chamonix ont réchigné à secourir les deux citadins trompe-la-mort et après des jours de tergiversation, d'occasions gâchées, c'est l'institution militaire qui s'y est collée.
S'extirpant de la carcasse de l'hélicoptère écrasé, Charles Germain et Honoré Bonnet, habitués à former les chasseurs alpins, découvrent la vision d'horreur des deux morts vivants qui ont atteint les lieux de leur dernier bivouac, gelés jusqu'aux avant-bras, statues sculptées dans leur chair. "Sans lui, je serai mort depuis deux jours, il m'a forcé à vivre" murmure Henry en désignant son compagnon.
Déposés au Dôme du Goûter, Gilbert Chappaz et Jean Minster les rejoignent. Ce dernier se souvient : "ils n'avaient plus aucune notion de leur état". Vincendon et Henry divaguent : "Quand on reviendra, on vous aidera à faire des secours" les entend encore Minster. On les met à l'abri dans la carcasse du Sirkosky, le temps d'un aller-retour. Décision est prise de les remonter jusqu'à l'observatoire Vallot culminant à 4 360m où l'évacuation aérienne paraît moins hasardeuse. L'un est blessé après une chute en crevasse. Chappaz et Minster traînent l'autre, épuisé. "Il ne tenait plus debout. Tous les vingt pas, je m'arrêtais et il se couchait sur mon dos".
L'observatoire fait alors office de radeau de survie pour les secouristes mais le mauvais temps s'abat et après trois jours d'attente, ordre est donné d'arrêter la mission, l'armée décidant de mettre un terme au fiasco. Un pilote parvient à évacuer les hommes de l'école militaire de montagne. Le 3 janvier, le ciel s'est pourtant découvert mais Vincendon et Henry sont abandonnés au grand plateau à un destin qui, aujourd'hui encore, fait débat quand à son caractère inéluctable.
"Le sort s'est foutu de ces mecs" enragera Bonnet. Minster baisse les yeux, humblement : "Le commandement a estimé qu'il ne fallait pas prendre de risques supplémentaires. On avait déjà cassé un hélicoptère et l'autre avait failli ne pas décoller". Que se sont dit les derniers témoins de snaufragés, la mort dans l'âme ? "Chappaz voulait redescendre les chercher" reconnait Bonnet.
Minster concluant :"On ne pouvait plus rien, il aurait fallu être une trentaine". En mars 1957, trois après le drame, il est revenu chercher les corps. "Vincendon était comme on l'avait laissé, dans son sac de couchage. Henry avait fait une tentative de sortie, il était là, recouvert de la neige qui avait pénétré l'épave". Linceul blanc dans un tombeau de fer. Chappaza, inconsolable, a rapporté le bonnet de l'un des deux martyrs de la montagne et comme le remords, la coiffe de laine n'a pas quitté sa vie depuis. "On reviendra vous chercher" leur avaient-ils dit....
La France entière, qui avait alors pu suivre au jour le jour les tentatives de sauvetage via la radio ou tout simplement avec l'aide de jumelles depuis le village de Chamonix, était traumatisée.
Pour ma part, je pense que l'on peut résumer la situation ainsi : dans un tourbillon médiatique sans précédent, la polémique a mis aux prises de jeunes grimpeurs citadins animés par la fureur de vivre, symbole de leur génération, des guides figés dans leurs traditions et des militaires impuissants devant un ennemi -la montagne- qu'ils n'avaient jamais appris à combattre. C'est d'ailleurs à la suite de ce drame que seront constituées des unités professionnelles exclusivement consacrées aux secours en montagne.
Alors maintenant, quand vous irez à la montagne pour vos prochaines vacances et que vous verrez un hélicoptère du PGHM (ou Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne), je suis certain que vous aurez une petite pensée pour Jean Vincendon et François Henry.
Pour ceux qui veulent approfondir, je recommande les articles suivants :
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16968
http://pistehors.com/backcountry/wiki/Avalanches/Vincendon-And-Henry (en anglais)
Ainsi que l'excellent livre de Yves Ballu : Naufrage au Mont-Blanc que vous trouverez ici !
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Voilà, j'espère que le retour du Père Aimé vous aura plu. Maintenant, ne me demandez pas quand est-ce que je reviendrai car je l'ignore moi-même mais ce que je sais, c'est que cela sera l'occasion de parler de vaccins et pour l'instant, je me documente au maximum...
Bon week-end !
16 décembre 2007
Willem Barents....
Le froid ne garde pas que les bières ou le planta fin (chez vous, c'est peut être du beurre), il conserve aussi les mammouths en Russie ou les mauvais souvenirs et par les hasards d'une expédition, d'un voyage ou d'une fouille, des bulles de passé que l'on croyait oubliées, disparues à jamais, remontent alors à la surface dans un présent qui ne les attendait plus.
Il y a quelques temps déjà, j'avais parlé de certaines expéditions qui avaient tourné au désastre comme celle de Sir John Franklin ou mieux encore, l'expédition Andrée où apparemment, ils n'avaient pas digéré le foie de l'ours blanc.
Aujourd'hui, nous allons nous transporter en Europe du Nord, où je vais vous parler d'un aventurier Hollandais qui n'est pourtant pas très célèbre, Willem Barents. On ne le connait vraiment qu'à cause de la mer du même nom, stiuée tout là-haut, tout près de la Russie, là où franchement il n'y a que peu de chance d'aller vous y faire bronzer un peu.
Pourtant, c'était gonflé de vouloir se lancer dans l'exploration des mers arctiques à cette époque, c'était beaucoup plus gonflé de que d'essayer de trouver des amériques en suivant les alizés. D'ailleurs, cela n'a pas raté mais il l'avait bien cherché le bougre, parti dans un troisième voyage pour trouver le fameux passage du Nord-Est, il n'est jamais revenu.
Ses compatriotes attendirent son retour de nombreuses années mais en vain. Ils se décidèrent alors de l'inscrire sur le cahier des Grands Hommes, puis on s'occupa d'autre chose.
Un jour de 1871, un certain capitaine Carlsen croisant dans la mer de Barents à bord de son chalutier, découvrit à la jumelle une cabane en ruine sur l'île de Nouvelle-Zemble ce qui, en ces rivages plus que désertiques, constituait en soi un évènement. En plus, les vestiges qu'elle contenait n'étaient pas de ceux que l'on trouve à la brocante du coin.
A cause du froid, toutes les matières organiques, bois, tissus, avaient résisté au temps. Surtout, on trouva sur place un vieux carnet appartenant à.....Willem Barents.
Alors, on put écrire la fin du chapitre, trois siècles après les faits : comment le vaisseau de l'explorateur avait été pris par les glaces, la décison de l'abandonner, l'hivernage sur les côtes désolées, la vie quotidienne de la quinzaine de naufragés, le scorbut qui fit des ravages parmi les les rescapés, enfin la tentative désespérée de regagner l'Europe en chaloupe où Barents, épuisé, mourut le 20 juin 1597.
Grâce à ce journal, ils pourront aussi reconstituer une journée un peu particulière, celle du 6 janvier 1597. Ce jour-là, prisonnier des glaces, épuisés, ils décident néanmoins de fêter les Rois. Ils consacrent alors deux livres de leur précieux stock de farine à la confection de crèpes. Autour de la grande table de bois dans la maison rustique qu'ils ont construite, ils retrouvent, grâce aux crèpes et à leurs rations de vins de plusieurs jours, toute leur gaieté. Willem Barents propose d'élire alors un "roi de la Nouvelle Zemble". On confectionne alors à la hâte des billets et le sort voudra que cela soit le maître canonnier qui soit désigné roi.
Le musée naval de La haye a fidèlement reconstitué la salle commune de la cabane de Barents et devant la vieille pendule gelée, un sablier et une flûte trouvés lors de l'expédition de Carlsen, je suis sûr que l'on peut imaginer tous les membres de l'expédition en train de fêter dignement la première fête des rois de l'Arctique.....
12 novembre 2007
Franklin....
Bonjour à tous,
J'espère qu'en ce lundi symbole de reprise plus ou moins difficile pour beaucoup d'entre nous, tout va bien, mais pour vous rendre la journée encore plus agréable, instructive ou ce que vous voulez, je vais vous parler du sieur Franklin.
Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de la tortue Franklin si chère à nos petites têtes blondes mais plutôt de Sir John franklin, qui, en 1845, avait décider de chercher le fameux passage du Nord Ouest, une voie navigable traversant les îles du nord du Canada et pouvant relier l'Atlantique et le Pacifique.
Sir John franklin était une huile de l'Amirauté britannique et il partit avec deux bateaux, l'Errebus et le Terror, qui étaient deux bateaux à voiles équipés de moteurs à vapeur, mais surtout, il partit avec un tout nouveau système de boites de conserves révolutionnaires. Enfin, il avait une épouse qui l'attendait à Londres et dont la volonté et l'entêtement à ne pas se voir veuve sont presque devenus aussi célèbres que le mari disparu. Maleureusement, ce qui devait arriver, arriva, et il disparut sans aucune autre explication pour l'époque.
Dix-neuf expéditions, quarante navires dont huit ne reviendront pas, huit millions de livres dépensées, des dizaines de morts et surtout, quinze années passeront avant qu'un certain McClintock trouva un message laissé par l'expéditieur disparu. Il disait (en gros) : "Tout va bien !" et donnait toutes les informations rassurantes.
Malheureusement, dans les marges du message, des gribouillis avaient été rajoutés plus tard et beaucoup moins réjouissants. Repassant sur les lieux onze mois après, dépourvus de papier ou voulant laisser toute la chronologie, les hommes de Sir john franklin avaient écrit sur la même feuille la suite des évènements : froid et scorbut, le commandant mort avec quinze de ses hommes, les bateaux bloqués par les glaces qui avaient été abandonnés, le reste des équipages qui partait à pied vers le sud, aucun n'y survivra.
Des années après McClintock, on trouvera encore des vestiges de l'expédition ici et là, conservés par des esquimaux, puis l'histoire se figera dans les livres.
Cent vingt ans plus tard, en 1986, une expédition conduite par un certain Dr Beattie exhuma à l'île Beechey les corps de trois marins de l'expédition franklin, parfaitement conservés par le froid. Il eut l'idée d'en faire une autopsie. Elle révéla que foin du scorbut ou du froid, les trois marins étaient morts d'une intoxication à l'oxyde de plomb, "les fameuses boites de conserve métalliques dont Sir John Franklin était pourtant si fier".
Cet empoisonnement, ajouté au froid et à la fatigue, aura provoqué la folie et la mort de marins déjà faibles et désorientés, les ours blancs (encore eux) auront fait le reste....
11 novembre 2007
Connaissez-vous l'expédition Andrée ?
Bonjour à tous,
J'espère que vous aurez tous passé un bon samedi à vous éclater (bande de petits veinards !). Pour ma part, ce sera presque terminé lorsque vous lirez ce post.
11 novembre oblige, le déjeuner aura été chargé et le personnel était en forme, tant mieux, un souci en moins...
Aujourd'hui, je vais vous parler de cette fameuse expédition Andrée qui a mal tourné.
En 1897, un ingénieur suédois qui portait un nom français, Salomon August Andrée, se mit dans la tête que l'on pouvait conquérir le pôle Nord en ballon.
C'était l'époque où les plus légers que l'air n'avaient pas encore été détrônés par les avions balbutiants, et ce cher Salomon se dit que puisque les ballons pouvaient traverser les océans, il n'y avait pas de raison qu'avec un peu de bol, un vent complice ne puisse amener le sien au dessus du pôle. Et que si les vents étaient contraires, eh bien ils finiraient bien par amener le ballon quelque part, il avait le moral le petit, non ?
Malheureusement, en cette époque, personne n'avait jamais entendu parler de la violence de certains vents pouvant souffler dans cette partie du globe, et surtout pas des vents catabatiques qui balayaient les régions polaires, sauf quelques esquimaux mais à eux, on ne leur demandait pas leur avis !
Voilà donc que notre Salomon se fait construire un ballon gigantesque, l'Oernen, capable d'emporter vivres et équipements, et il s'envole avec deux compagnons ainsi qu'une trentaine de pigeons voyageurs. D'ailleurs, l'unique survivant de cette expédition sera justement un de ces derniers, revenu trois jours plus tard avec un message "tout va bien" et puis plus rien. Disparue, l'expédition Andrée, volatilisée dans l'immensité Arctique.
Enfin, en 1930, un explorateur norvégien, le Dr Gunnar Horn, découvre (par hasard ?) les restes de l'expédition conservés dans la glace. Que s'est-il passé ?
Manifestement, les suédois ont survécu à l'atterrissage (très loin mais alors très loin du pôle). Alors pourquoi sont-ils morts alors que l'on retrouve dans les débris des caisses des provisions intactes ? Qu'ils avaients armes, munitions et abri ? Que le système de conservation des aliments en boite était parfaitement au point ?
C'est alors que que le Dr norvégien retrouve au milieu des objets éparpillés des plaques photographiques. Serait-il possible que....après trente ans dans les glaces et le blizzard ? il ramène les plaques chez lui et les développe, avec d'infimes précautions de crainte de les abimer et le résultat est magique.
Andrée et ses compagnons ressuscitent alors sur les clichés, l'agonie de l'Oernen y est photographiée et permet de reconstituer l'histoire.
Bien entendu, malmené par les vents violents, le ballon a perdu ses gaz progressivement et a fini par s'échouer sur la banquise. Après une ou deux tentatives vaines de redécollage, les trois explorateurs se sont installés sur la glace.
Toutefois, les photos n'expliquent pas leur mort prématurée. Il leur restait assez de vivres pour tenir pendant des mois, leurs réchauds que l'on a parfaitement allumé trois décennies plus tard a brûler sans interruption pendant 35 heures.
La seule hypothèse possible est celle-ci : Pour économiser leurs réserves de vivres, ils ont chassé l'ours blanc et ont mangé son foie. Celui-ci, pas toujours mais souvent, contient une toxine mortelle pour l'homme.
Moralité : les ours, c'est comme les champignons (encore eux), il faut savoir les cueillir !
Bon dimanche à tous !!
02 novembre 2007
Dans la série des malchanceux....
Voilà, après un long week-end à regarder toutes ces jolies parisiennes (hé oui, le Père Aimé n'est pas du tout sérieux n’est qu’un homme et il apprécie les jolies femmes), j’ai repris les rênes de l’hôtel jusqu’à dimanche après-midi. Donc, changement de décor et d'ambiance, le Père Aimé a retrouvé sa belle tenue noire qui lui va si bien car le noir ça amincit, son sourire ultra-brite et surtout, il a retrouvé tout son sérieux !
Remarquez qu'avec un long week-end comme celui de la Toussaint, on ne s’ennuie généralement pas dans la restauration ! Je n’aurais donc pas trop le temps de regarder les jolies femmes faire l'imbécile, quoique……
Néanmoins, je vais quand même prendre le temps de vous faire un petit post, juste pour vous remercier d’être quand même venu me consulter pendant mon absence.
D’ici quelques jours, je ferai un post spécialement sur mon séjour à Paris avec quelques belles photos, de bonnes idées de balades et surtout, des endroits où bien manger pour pas cher !
Mais maintenant, foin de tout cela, arrêtons de penser à la bagatelle ou aux divers plaisirs et passons à quelque chose de plus culturel, cela vous fera du bien !
Récemment, j’ai lu quelque chose sur les bateaux et j’ai envie de vous parler du destin de l’un d’entre eux, le Great Eastern, mais que nous pourrions tout aussi bien appeler le navire amiral des malchanceux car de ces navires au destin maudit, le Great Eastern, paquebot britannique lancé en janvier 1858, bat largement tous les autres.
De 50 ans en avance sur son époque, premier bateau à vapeur du monde à coque entièrement métallique, il surpassait tout ce qui flottait sur terre par sa taille gigantesque, la puissance de ses machines, le luxe et surtout, la poisse phénoménale qui l’accompagna tout au long de sa carrière.
Remarquez, il faut dire que le jour même de son lancement, cela avait très mal commencé. Imaginez, devant 10 000 invités, le géant glisse sur ses rails….et s’arrête à mi-chemin. Impossible de le faire repartir, il fallut un mois de travail et 150 000 livres supplémentaires pour qu’il consente à rejoindre son élément, le jour même où ses propriétaires faisaient faillite.
Le reste vient comme une chanson : au premier essai, il invente le missile balistique de croisière en propulsant dans les airs une de ses (pourtant) monstrueuses cheminées, suite à l’explosion d’une chaudière, bilan : 4 morts.
Au deuxième essai, son capitaine se noie (cela ne s’invente pas).
Au troisième essai, c’est finalement le constructeur et architecte qui meurt d’une crise cardiaque.
Vous pensez bien qu’avec une publicité pareille, le voyage inaugural peut lui aussi s’inscrire dans le livre des records. Prévu pour accueillir 4000 personnes, il ne prendra la mer qu’avec seulement 46 passagers (dont 8 invités).
A New York, le commandant perd le contrôle lors de la manœuvre d’approche et dans une panique d’apocalypse, le mastodonte termine sa course sur les quais.
Enfin, après quelques traversées vides de passagers et pleines de malheurs (comme la coupure en deux d’un navire anglais), ses armateurs jettent l’éponge et décident d’abandonner son exploitation commerciale. Il servira alors à la pose du premier câble transatlantique, avant de terminer comme panneau de publicité flottant dans le port de Liverpool.
La légende raconte même qu’en désossant sa coque pharaonique en 1888, les ferrailleurs trouvèrent entre deux tôles les corps de deux riveteurs soi-disant emmurés vivant lors de la construction du navire, et qui auraient été, ipso facto, la cause de tous ses malheurs.
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