20 décembre 2007
Le dernier.....exécuté en public !
Après quelques jours d'absence, me revoilà, prêt à essayer de vous régaler de nouveau et aujourd'hui, j'ai décider de commencer une nouvelle série intitulée : "Le dernier..."
Du dernier des mohicans (excellent film) au dernier train à vapeur, en passant par le dernier empereur de Chine, le dernier moulin ou le dernier soupir, les derniers sont toujours des vedettes parce que s'il n'en reste qu'un, ce sera celui-là ! Je vous parlerai donc de temps en temps, de quelques derniers dont on ne parle plus beaucoup et qui maintenant, sont loin des projecteurs.
La France, pays des droits de l'homme (on nous a assez bassiné avec ça il y a quelques jours), fut cependant un pays où la peine de mort fut monnaie courante pendant de nombreuses années et la tradition voulait que l'on coupe la tête du malheureux à l'aide d'une guillotine.
Il y a quelques temps, j'avais fait un article sur Lavoisier et j'avais beaucoup aimé l'anecdote concernant son arrivée à l'échafaud. Il fallait du sang pour divertir le peuple, la France n'y échappera pas et les exécutions étaient donc publiques. Mais ne vous êtes vous jamais posé la question de savoir jusqu'à quand les exécutions furent rendues publiques ? Moi, si !
Le dernier condamné à mort guillotiné en public en France le fut à Versailles, le 17 juin 1939. A l'époque, l'abolitionnisme était encore très anecdotique, mais faisait son chemin dans la tête de certains juristes, magistrats ou notables. On était toujours d'accord avec la peine de mort, mais on avait un peu le rouge de la honte que ces exécutions restassent publiques comme chez le dernier roi sauvage alors que nous étions une nation moderne et civilisée à la tête d'un empire pacificateur. A tel point que dès 1898, le Sénat avait demandé que cesse la publicité faîte autour des exécutions capitales, mais vous connaissez les lenteurs parlementaires....
Alors, le truc était de "raccourcir" les condamnés à la va-vite, aux toutes premières lueurs de l'aube, sans prévenir personne, en espérant que nul ne s'en apercevrait. Mais voilà que pour l'exécution d'Eugène Weidmann, un meurtrier crapuleux, une fuite prévient la presse et la population de l'heure et du lieu de l'exécution. Je vous laisse imaginer l'aubaine pour les amateurs de "sensationnel"....
Aussitôt, les balcons avoisinants sont réservés à prix d'or et les journalistes accourent avec tout leur matériel, choisissent le meilleur angle pour saisir la giclée de sang, la tête qui roule dans le panier et dès la veille, des spectateurs occupent le pavé pour avoir l'honneur d'être au premier rang.
Aussi, quand le condamné et les officiels arrivent sur les lieux, ils découvrent, médusés, ce que les commentateurs ont presque tous appelé une kermesse : des cris, des rires, des gens qui se battent pour être plus près. En gros, c'est guillotineland !
Au moment crucial, des photographes iront même jusqu'à protester car la lumière n'était pas bonne. Par chance pour eux, le bourreau Deibler a un ennui technique et contretemps miraculeux, le soleil arrive, la lumière est parfaite, on peut y aller, action !
Après cette parodie d'exécution indigne du pays des droits de l'homme, le gouvernement transportait les exécutions dans les cours des prisons.
Je ne veux pas faire de "voyeurisme" mais j'ai toujours pris l'habitude d'illustrer mes articles par des photos ou des images. Celui-ci ne dérogera pas à la règle et voici donc les photos du dernier exécuté en public, en France et puis, c'est pour l'histoire.
Par contre, il me sera impossible de comprendre pourquoi des gens pouvaient aimer aller voir une autre personne mourir....


